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IA pour le marketing

Intégrer l’expertise AdTech dans les workflows IA

Un workflow IA utile ne se résume pas à l’accès à un modèle. Il a besoin du contexte qui guide les décisions du quotidien : contraintes des plateformes, conventions de naming, règles métier, objectifs de performance et critères d’escalade. Cet article explique comment transformer ces connaissances en instructions et en documents de référence exploitables, puis évaluer si le workflow les applique correctement.

Par EpicflarePublié le Mis à jour le 6 min de lecture

Connaissances de l’équipe

  • Contraintes des plateformes
  • Conventions de naming
  • Règles métier
  • Objectifs de performance
  • Critères d’escalade
  1. Instructions et documents de référence

    Playbooks, règles et exemples, organisés par thème.
  2. Workflow IA

    Récupère les éléments pertinents et les applique à la tâche.
  3. Évaluation

    Des cas de test, exceptions comprises, vérifient la façon dont les connaissances sont appliquées.

Les lacunes relevées lors de l’évaluation sont consignées et servent à mettre à jour les documents de référence.

Des connaissances de l’équipe à un workflow testé. Les connaissances opérationnelles sont transformées en instructions et en documents de référence, le workflow récupère ce dont il a besoin pour chaque tâche, et l’évaluation vérifie qu’elles ont été correctement appliquées.

Un modèle généraliste est un élève doué. Il ne sait pas pour autant quels paramètres d’enchères et quelles sources d’inventaire conviennent à un objectif de campagne donné, pour un annonceur donné. Ce savoir vient de l’expérience, et c’est souvent lui qui distingue un résultat générique d’un résultat réellement exploitable par une équipe.

Ce qui manque à un modèle généraliste

Pour être utile dans les opérations quotidiennes, un workflow ne peut pas se contenter de connaissances génériques. Il doit tenir compte :

  • Des spécificités des plateformes : les règles d’achat sur Google Ads diffèrent de celles de Meta, qui diffèrent elles-mêmes de celles de The Trade Desk, par exemple. Ces différences doivent être explicitées pour le workflow.
  • Des objectifs de campagne : une campagne orientée ventes (ROAS) ne se pilote pas comme une campagne de branding. Les indicateurs (visibilité, VTR ou taux de clic, par exemple), les stratégies d’enchères correspondantes et les approches créatives diffèrent.
  • Des subtilités opérationnelles : de la bonne limite de CPM sur un site donné aux combinaisons d’audience et d’inventaire qui conduisent à une mauvaise diffusion, le workflow a besoin des ficelles du métier.
  • Des exigences de l’équipe : il doit aussi respecter les standards internes de l’équipe, comme les conventions de naming et la façon de structurer les line items et les ensembles de créations.
  • Des critères d’escalade : il doit savoir quelles situations sortent de son périmètre et qui doit les examiner.

Exemple : un playbook pour les campagnes de branding vidéo

Le playbook est une façon concrète de formaliser ces connaissances.

Playbook

Un playbook est un guide thématique, comme celui que vous remettriez à un nouveau collaborateur. C’est un document structuré qui rassemble des informations théoriques et pratiques, avec des bonnes pratiques, des recommandations par scénario et une section questions-réponses. L’objectif est de donner au workflow une référence unique et bien définie pour un domaine précis.

Voici un exemple simplifié pour la gestion de campagnes de branding en vidéo :

  1. Théories et concepts

    Les principes fondamentaux du brand lift, de la notoriété et de la couverture d’audience.

  2. Règles pratiques

    Des actions précises. Pour une campagne vidéo, il ne s’agit pas seulement de suivre le VTR, mais aussi de l’interpréter avec d’autres indicateurs comme la visibilité et le taux de lecture avec le son activé.

  3. Scénarios de terrain

    Des exemples concrets. Une section consacrée au diagnostic des taux de complétion faibles pourrait expliquer qu’un indicateur faible peut être lié à la durée du preroll ou à la politique de skip du format publicitaire.

  4. Subtilités opérationnelles

    Les processus propres à l’équipe, comme les conventions de naming ou la façon privilégiée de structurer les line items et les créations, pour que les résultats respectent les standards de l’équipe.

Le playbook indique aussi comment tester le workflow. Par exemple, soumettez-lui une campagne au taux de complétion faible et vérifiez qu’il prend en compte la durée du preroll et la politique de skip avant de recommander une modification des enchères ou du ciblage.

Le problème du playbook unique

Il est tentant de réunir toutes vos connaissances AdTech dans un seul playbook massif. Mais on obtient alors un document trop volumineux pour qu’un workflow (ou une personne, d’ailleurs) puisse s’y retrouver efficacement.

Construisez plutôt une bibliothèque structurée de guides plus courts. C’est ainsi qu’une entreprise forme un nouveau collaborateur : avec un ensemble de guides pratiques, et non une encyclopédie unique et confuse.

  • Playbooks par objectif de campagne

    • Branding
    • Conversion
    • Local
    • Installation d’app
    • Génération de leads
  • Playbooks par plateforme

    • Google Ads
    • Meta
    • The Trade Desk
    • Amazon DSP
    • LinkedIn
  • Données de performance historiques

    • Benchmarks de CPM
    • Performance des audiences
    • Qualité des sites
    • Optimisation des enchères
  • Secteurs d’activité

    • E-commerce
    • Finance
    • Santé
    • Voyage
    • Jeu vidéo
  • Standards opérationnels

    • Conventions de naming
    • Processus de QA
    • Gestion des budgets
    • Workflows d’équipe
Exemple de bibliothèque de connaissances. Chaque entrée est associée à des métadonnées pour que le workflow puisse retrouver la section pertinente. Des documents plus courts sont aussi plus faciles à relire et à tenir à jour qu’un seul grand playbook.

Commencez par les situations que votre équipe rencontre le plus souvent. Testez explicitement les exceptions, consignez les lacunes et définissez quand le workflow doit demander de l’aide.

Relier la bibliothèque au workflow

Un workflow qui prend des décisions suit un cycle proche de celui d’un spécialiste. La boucle OODA (observer, s’orienter, décider, agir) en offre un modèle utile : le système analyse la situation, se forge une compréhension, planifie une ligne d’action et l’exécute. Les connaissances pertinentes doivent être disponibles à chaque étape de cette boucle, et pas seulement à la fin.

Génération augmentée par récupération (RAG)

La génération augmentée par récupération fournit à un modèle des éléments pertinents, récupérés dans une source définie. Il revient néanmoins au workflow d’évaluer si ces éléments sont utiles, à jour et correctement appliqués à la tâche.

La récupération peut s’organiser comme un petit pipeline autour du workflow principal. Elle repose généralement sur quelques composants :

  1. Bibliothèque de connaissances organisée

    La bibliothèque de playbooks est organisée avec des métadonnées et de courts résumés, afin que le système puisse identifier les playbooks pertinents pour une tâche donnée.

  2. Routage

    Une étape dédiée, qui peut être un appel au modèle, analyse la situation et sélectionne le playbook ou la combinaison de playbooks à consulter.

  3. Recherche et extraction

    Une fois les bons playbooks sélectionnés, le système charge leur contenu et en extrait les sections pertinentes, pour ne pas surcharger le modèle d’informations inutiles.

  4. Transmission des connaissances

    Les informations extraites sont renvoyées au workflow principal, qui s’en sert pour éclairer son raisonnement et ses décisions sur la tâche en cours.

  5. Rappel adaptatif

    Si le workflow rencontre un problème ou une étape bloquée, il peut lancer une nouvelle recherche d’informations complémentaires. Les lacunes qu’il ne peut pas combler sont consignées pour examen, afin de pouvoir mettre à jour la bibliothèque.

Vérifier que les connaissances sont appliquées

Avoir accès aux bons éléments ne signifie pas qu’ils sont correctement utilisés. C’est l’évaluation qui referme la boucle :

  • Construisez des cas de test à partir de situations que l’équipe a déjà traitées, y compris les exceptions connues.
  • Pour chaque cas, vérifiez quels éléments ont été récupérés et s’ils étaient pertinents et à jour.
  • Comparez les décisions du workflow avec ce que ferait un membre expérimenté de l’équipe, et consignez les écarts.
  • Lorsqu’une lacune apparaît, mettez à jour la bibliothèque, puis relancez les tests.

Traiter le workflow comme un nouveau membre de l’équipe

Considérez un workflow IA non comme une boîte noire, mais comme un nouveau membre compétent de l’équipe. Pour bien faire son travail, il a besoin de ce que vous donneriez à une nouvelle recrue :

  • Une base de connaissances structurée

    Une bibliothèque de playbooks et de données organisés.

  • La capacité de chercher

    Un moyen de trouver la bonne information au bon moment.

  • Un moyen de progresser

    Une boucle de retour qui met à jour ses documents de référence à partir des nouveaux cas et des problèmes rencontrés.

L’objectif n’est pas de remplacer le jugement de l’équipe, mais de rendre ses connaissances disponibles sous une forme qu’un workflow peut utiliser, et de vérifier qu’elles sont correctement utilisées.

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